III - Les techniques et technologies

La Police Scientifique et Technique, depuis sa création, utilise des techniques différentes et variées en fonction des traces retrouvées et également de l'exploitation souhaitée. Du fait que la PST utilise la science, il ne faut pas aussi négliger, qu'avec le temps, les techniques et les technologies actuelles ont beaucoup évoluées. Tout ceci a permis à la police scientifique de se spécialiser et de devenir une institution judiciaire incontournable dans les enquêtes de police.

 

Nous allons nous pencher, pour particulièrement, sur les techniques actuelles de la série télévisée Les Experts ainsi que celles « supposées » de la PST.

 

I – Les traces organiques

     A – Les empreintes digitales

 

Il existe majoritairement 3 techniques utilisées afin de retrouver les empreintes digitales.

 

La première technique est celle de la poudre magnétique, sous 3 sortes différentes en fonction des couleurs. Il est vrai que le nom de « poudre magnétique » est composée de « poudre » cependant, la poudre n'est pas forcement magnétique, c'est le pinceau qui l'est. Dans chacun des cas, le principe de fonctionnement est identique : la poudre, qui est une forme différente des métaux, est appliquée sur une surface de tous types, poreux ou non poreux, à l'aide un pinceau magnétique, si nécessaire. Après avoir enlevé le surplus de poudre, l'empreinte digitale devient visible à l'œil nu.

Les 3 sortes de poudres varient en fonction de la surface sur laquelle elle est appliquée : la poudre noire, la plus connue, est l'alumine (une oxyde de fer) ; la poudre blanche, moins connue, est applicable sur des surfaces lisses comme le verre est à base d'aluminium ou de céruse ; et la dernière, une poudre fluorescente, très peu utilisée, s'applique sur des surfaces très colorées rendant ainsi la possibilité de voir l'empreinte à l'œil nu très difficile. Il existe une poudre magnétique, d'où le nom de la méthode (la "poudre magnétique"), qui est appliquée avec un pinceau magnétique, ce qui évite la détérioration de l'empreinte grâce à une réduction des frottements dus au poils du pinceau.

 

Les deux autres méthodes se font à l'aide d'agents chimiques.

      - Le premier, assez peu utilisé à cause de sa toxicité, est la ninhydrine ou nihydrine, de formule brute C9H6O4. Le procédé de réaction se fait grâce aux acides animés, sécrétés par les pores de la peau : la réaction de la molécule avec les acides animés se fait en suivant l'équation : 2 C9H6O4 + NH2-CHR-COOH = CO2 + C18H9NO4 + R-CH=O + 3 H2O

Réaction de la ninhydrine avec les acides aminés

La molécule de ninhydrine, privée de H2O, se modifie perdant ces deux groupes caractéristiques -OH (hydroxyle). Ceci permet aux acides animés de se fixer sur la molécule de C9H6O4 modifiée. Les produits finaux de la réaction sont, en dehors de l'eau et du dioxyde de carbone, la 6-nitrotétracène-5,12-dione et une molécule de radical quelconque avec un aldéhyde.

La ninhydrine avec les acides animés primaires vont réagir pour donner une couleur pourpre et les acides aminés secondaires donneront une couleur jaune.

 

L'application de cette molécule se fait par spray et par trempage. Les inconvénients majeures de cette techniques sont la toxicité et le procédé de révélation, donc la réaction, qui est extrêmement lent, pouvant prendre des semaines. Mais cette méthode est extrêmement utile sur des surfaces comme le carton ou le papier.

Révélation d'une empreinte digitale à l'aide de ninhydrine

      - Le second agent chimique est une autre molécule appelée la déféroxamine, souvent abrégé DFO. Cette seconde méthode est beaucoup plus utilisée. La réaction est identique à la ninhydrine, à la seule différence que la desferrioxamine (un de ses noms de substitutions) réagit avec le fer des sécrétions corporelles. Cette technique est utilisée sur des surfaces poreuses et son application est faisable en spray.

Un des avantages de cette méthode est la rapidité de révélation des empreintes. Cependant, pour la visualisation des traces, il faut faire une phosphorescence sous SLA (Sources de Lumières Alternatives).

dfo.png

 

     B – L'ADN et l'empreinte génétique

 

La Police Scientifique peut établir des profils génétiques à partir des plusieurs traces organiques, comme le sang ou des éléments pileux.

 

La méthode, la plus utilisée, pour établir un profil génétique humain est la méthode par PCR (en anglais, Polymérase Chain Reaction soit Réaction en Chaine par Polymérase). Cette méthode est très avantageuse par sa rapidité, sa précision et sa petite quantité d'ADN nécessaire. La PCR est utilisée pour multiplier des séquences intéressantes d'ADN.

Schéma explicatif de la PCR en étapes

La PCR est basée sur un changement et une évolution de la température afin de déshybrider la double hélice de l'ADN, pour n'avoir plus qu'un brin simple d'ADN.

 

Avant le cycle 1, la molécule d'ADN est laissée en milieu réactionnel à une température ambiante pour avoir une double hélice de l'ADN car l'ADN n'a pas toujours cette forme là (le 0 sur le schéma) : c'est la phase des conditions natives.

Premièrement (en phase 1'), la double hélice est mise dans un milieu chauffé (aux environs de 100°C) durant une quinzaine de minutes afin de déshybrider la double hélice sous l'action de la chaleur mais aussi de casser les structures secondaires de l'ADN et, de réaliser une sorte de stérilisation du milieu réactionnel par agitation thermique. Ensuite (en phase 1) cette étape est généralement très courte et est une prolongation du l'étape précédente mais aussi une étape de sécurité : on continue le chauffage afin d'homogénéifier le milieu et de disséquer les derniers polymérases du brin d'ADN. Ce sont les phases de la dénaturation de l'ADN.

Deuxièmement, (en phase 2) cette étape dure environ une minute avec une température d'une soixantaine de degrés. Les amorces, séquences nucléotidiques de synthèses d'une vingtaine de nucléotides très spécifiques, vont se fixer sur un segment très précis du brin d'ADN où ells peuvent trouver une complémentarité avec les bases azotés de l'ADN (cf I. A. L'ADN et empreinte génétique de la Partie 2). La spécificité des amorces est essentielle : il ne faut pas que deux amorces ne puissent se lier entre elles mais elles doivent cependant s'hybrider avec le brin simple de l'ADN dénaturé. C'est la phase d'hybridation ou de l'appariement des amorces.

Troisièmement (en phase 3), cette phase de quelques minutes (la durée dépend de la taille du brin à synthétiser) connait une température de 72°C. On redonne au milieu réactionnel des polymérases afin qu'ils synthétisent, à la suite des amorces, le brin complémentaire à la matrice (le brin simple de l'ADN prélevé sur un individu). La synthèse du brin est possible grâce à des nucléotides réintroduits dans le milieu réactionnel.

En effet, on a réalisé une amplification des micro sattelites (Shorts Tandem Repeats), qui sont des schémas répétés de nucléotides, pouvant aller de 2 ou une bonne dizaine de nucléotides de l'ADN.

Pour finir, cette étape se renouvelle dans un nombre souhaité de fois afin d'avoir un grand nombre d'ADN pour ensuite en faire une électrophorèse. L'électrophorèse permettra de un séquençage de l'ADN.


Séquençage de l'ADN par la méthode de Sanger

L'électrophorèse capillaire sépare les éléments ioniques et chimiques en fonction de leur masse et de la friction qui s'exercent entre ces derniers éléments. Comme les quatre bases azotées sont différentes, on peut observer une séparation de ces 4 éléments chimiques. Et  par conséquent, leur différence moléculaire entraine aussi une migration différente. Par exemple, la photo de gauche représente le résultat d'une électrophorèse capillaire : la migration des nucléotides A, T, G et C est propre à chaque molécule d'ADN, puisque chaque ADN est différent. Donc c'est de cette manière que l'on peut avoir des profils génétiques différents.

 

Ceci est le résultat d'un séquençage génétique mais les méthodes proposées ne sont que les deux étapes finales du séquençage. Bien sur avant d'obtenir un profil génétique, il faut extraire et purifier l'ADN humain, ensuite le doser et puis, on pourra réaliser une Réaction en Chaine par Polymérase ou une Amplification en Chaine par Polymérase, mais ces deux premières étapes même si elles sont nécessaires n'ont pas grand intérêt pour nous, scientifiquement.

 

profil-genetique.png

                                                    Comparaison de deux profils génétiques : correspondance de 13 allèles

 

     C – Les cheveux et les poils

 

Il n'y a pas de techniques particulières afin de déceler la présence de cheveux ou des poils sur une scène de crime : c'est uniquement grâce aux agents de terrains qui quadrillent toute la scène de crime à la recherche d'indices que l'on peut en retrouver.

Cependant, grâce à un cheveu ou à un poil, on peut obtenir un séquençage de l'ADN par PCR. La seule différence est dans le type d'extraction.

 

     D – Le sang

 

Les deux principaux agents chimiques utilisés dans la révélation de la présence du sang sur une scène de crime sont le luminol et le BlueStar (cf à la Partie I).

 

Mais aussi le sang est très utile pour avoir un profil génétique d'un individu, tout ça parce que le sang est un nom générique pour le plasma, liquide de transport des autres molécules sanguines composé en grande majorité d'eau ; les globules rouges, cellules qui transportent l'oxygène dans tous les organes du corps, appelés aussi hématies ; les globules blancs, cellules appelées lymphocytes qui sont des cellules du système immunitaire ; et les plaquettes, cellules employées dans la coagulation du sang. Donc toutes ces cellules sont porteuses d'ADN, ce qui en font une riche source d'ADN humain.

Avant cela, il faut déceler si le sang retrouvé est humain ou animal. Pour ceci, le sang est précipité dans un sérum physiologique : il y a donc un mélange des anticorps avec les antigènes. Ensuite, on ajoute un autre sérum, cette fois ci, antihumain. Les antigènes vont réagir avec des anticorps appelés anti-immunoglobulines et on obtient une agglutination antigène-anticorps, colorant la solution. Bien sur cette réaction est possible uniquement que si le sang utilisé est humain. On peut aussi savoir si le sang est humain à l'aide une prise de sang, visant à la recherche d'un groupe sanguin.

     E – Les autres traces

On peut également trouver des fluides organiques humains, comme la sueur, l'urine, le sperme ou la salive. Il existe des méthodes différentes en fonction des fluides recherchés :

 

  • Pour la sueur, on peut utiliser la ninhydrine qui réagit avec les acides animés très présents dans la sueur (cf à l'explication de la réaction dans le A)
  • Pour l'urine, il n'existe pas de méthode de détection d'une urine normale et saine. On peut cependant la faire réagir avec le luminol car l'urine peut contenir des traces de sang mais ce test n'est pas suffisant pour savoir lequel des deux a réagi avec le luminol. Un test avec la lumière de Wood, un éclairage UV, peut révéler la présence des drogues dans les urines.
  • Pour la salive, le test est chimique, vu que la salive ne réagit pas au lumière UV. Le principe de la réaction est de faire une interaction entre un substrat dans lequel est introduit un colorant chimique et l'enzyme amylase, enzyme la plus spécifique de la salive.
  • Pour le sperme, il est possible de le détecter à l'aide d'une lampe à UV de moyenne intensité. Mais un test, beaucoup plus précis, avec des AP (phosphatase acide) ou avec de l'PSA (l'antigène prostatique spécifique) est d'une précision nettement supérieur.
Le test se présente sous forme des bandes enduites de AP : après l'humidification de la zone recherchée, il suffit d'appuyer la bande sur la zone choisie et après une soixantaine de secondes. Si le test est positif, la bande se colorera d'une couleur pourpre.
  Si rien n'apparait, on peut procéder à un test plus précis avec des bandes de PSA, cette fois ci, il faut plonger la surface à analyser dans de l'eau afin d'essayer de disperser le liquide dans cette eau distillée. Après, il faut plonger la bande dans le sperme dilué dans l'eau, et attendre une vingtaine de minutes afin de voir apparaître une coloration pourpre si le test est positif.

 

II - Les traces non organiques

 

L'abondance de traces non organiques, pouvant être trouvées sur une scène de crime, nous pousse à suivre un autre plan que celui proposé dans la Partie II, précédemment suivi. En effet, nous pouvons classer les analyses en fonction de leurs caractéristiques : non destructives, chimiques séparatives, élémentaires et d'identification des solides. 

 

     A – Les analyses non destructives

Les deux analyses non destructives, utilisées par la Police Scientifique, sont assez semblables : nous parlons de la spectrométrie ou spectroscopie infrarouge et le spectrophotométrie.

 

Pour commencer, nous allons parler de la spectrométrie d'absorption que nous avons, nous même, utilisé comme expérience pour résoudre notre meurtre.

Le fonctionnement de la spectrométrie est en soi extrêmement simple : elle consiste à faire traverser une lumière incidente dans un liquide quel qu'il soit. De ce fait, la spectrométrie a beaucoup d'applications : pour résoudre notre meurtre, nous avons trouvé de la terre sur le paillasson. Nous avons analysé cette terre avec une spectrométrie.

Résultat de la spectroscopie d'absorption

 

  • Le premier résultat obtenu : nous avons une courbe de l'absorption de la solution qui est un mélange homogène d'eau distillée et de terre. Le spectre, étant trop grand à analyser entièrement, nous avons choisi de nous recentrer sur des longueurs d'ondes allant de 475 à 540 nm.







numerisation0002-2.jpg













 

numerisation0003-2.jpg

 

  • Le deuxième résultat obtenu : c'est le spectre de la solution des longueurs d'ondes, uniquement allant de 475 à 540 nm. Maintenant que nous avons restreint l'analyse du spectre, nous pouvons comparer les différents échantillons de terre prélevés dans des lieux stratégiques.

 







  • Le troisième résultat obtenu : c'est le superposition de deux spectres, sur les longueurs d'ondes de 475 à 540 nm. Cette superposition dans les longueurs d'ondes indique clairement que les deux solutions, contenant respectivement de l'eau distillée et la terre prélevée sur le paillasson et de l'eau distillée et de la terre prélevée dans le jardin de M Brown, sont identiques. 



 

Nous pouvons conclure que la terre retrouvée sur le paillasson appartient au jardin de M Brown, donc de cette manière, nous pouvons faire le lien entre M Brown et cet assassinat sans conclure sur la véritable identité du coupable. (voir notre scénario)

 

Il est vrai que la méthode proposée n'est pas une spectrométrie infrarouge mais par manque de moyen, nous avons réalisé une spectrométrie d'absorption. Mais cependant, la spectrométrie infrarouge n'est guère différente d'une spectrométrie d'absorption, puisque celle ci n'est rien d'autre que la plus commune de toutes les spectrométries.

 

La spectrométrie infrarouge étudie le spectre des liquides, particulièrement, mais dans des longueurs d'ondes supérieurs au domaine du visible, dans les infrarouges. Les parties du spectre infrarouge sont découpées en fonction de la distance avec les dernières longueurs du domaine visible : c'est pour cela que l'on va parler d'infrarouge lointain, moyen et proche. Le principe de la spectroscopie est d'exciter les molécules afin de faire monter les atomes à des niveaux d'énergie supérieurs et d'analyser l'absorption de chacun de ses niveaux. La technique est viable puisque chaque atome de la molécule a des niveaux d'énergies bien particuliers donc des longueurs d'ondes d'absorption ou d'émissions bien particulières.

 

Comme nous l'avons vu dans notre expérience, nous avons utilisé une solution avec de l'eau distillée et de la terre, c'est pour cela qu'une phase de préparation de l'échantillon est nécessaire. Il existe des méthodes différentes en fonction de la nature de la préparation : 

    • Il existe des méthodes pour les solutions qui n'ont pas grand intérêt, vu qu'elles peuvent être disposées dans des cuves transparentes, donc n'ajoutant pas de raies au spectre.
    • Pour les solides, on peut faire face à différentes méthodes, comme celles que nous avons utilisé, essayer de moudre finement le solide afin de le reprendre miscible dans l'eau ou aussi le broyer avec un mortier et un pilon.
    • Pour les polymères, il faut essayer d'en découper une très fine lamelle, assez fine pour que la lumière puisse la traverser.

 

Le fonctionnement propre du spectromètre est simple ensuite. Un faisceau de lumière infrarouge est séparé en deux afin de passer aussi bien dans la solution que dans une référence, ce qui va minimiser les erreurs, qui va être dirigé vers un détecteur juste après un séparateur qui va couper rapidement les longueurs d'ondes, et nous avons la trace d'un spectre, propre à chaque espèce chimique.

Schéma du fonctionnement de la spectrométrie infrarouge

 

Il existe aussi une autre analyse appelée spectrophotométrie. Cette technique est très similaire à la spectroscopie, cependant il demeure une différence : on va chercher à mesurer l'absorbance d'une solution.

schema-spectrophotometrie.png

A l'instar de la spectrométrie, une source de lumière polychromatique va traverser une cuve (dont la taille, la profondeur, etc … doit être mesurées minutieusement) et donc traverser la solution afin de se concentrer sur une longueur d'onde bien particulière, qui devra être la longueur d'onde où l'absorbance de la solution est la plus élevée pour d'être le plus précis possible. De plus, après nous pouvons appliquer la loi de Beer – Lambert : cette loi physique met en évidence qu'il y a un rapport de proportionnalité entre l'absorbance et la concentration avec la formule A : k*c où A est la valeur de l'absorbance, trouvée par le spectrophotomètre ; "c" est la concentration de la molécule ; k est le nombre qui vérifie la relation de proportionnalité de cette loi, qui est la trace optique.

Il faut aussi ajouter que pour réaliser une spectrophotométrie, la solution doit être homogène et que si un précipité habite la solution, il ne faut pas qu'il réagisse avec une lumière incidente. Le phénomène de réfraction de la lumière peut fausser les résultats ; c'est à dire : plus la solution sera dense, plus la réfraction sera importante … de ce fait, la concentration indiquée peut être plus élevée que la réelle. C'est pour cela que le travail à une concentration inférieur à 0,01 mol. L-1 est nécessaire.

 

Cette analyse peut être utile pour les boissons alcoolisées, comme pour connaître leur concentration et donc la possibilité d'ébriété d'un suspect ou d'une victime … On peut connaître également la concentration de toutes substances diluées dans l'eau, comme des poisons …

 

     B – Les analyses chimiques séparatives

 

Elles sont encore au nombre de deux : les chromatographies (en phase gazeuse et en phase liquide à haute performance) et la spectrométrie de masse (abrégée régulièrement MC) qui est aussi une analyse chimique d'identification.

 

chromatogramme-ccm.png

 

  Le principe de la chromatographie est de déplacer les espèces chimiques d'une même substance. Une substance, pouvant être composée de plusieurs espèces chimiques, va migrer sur une surface en déposant les espèces chimiques à une hauteur particulière, propre à l'espèce chimique.


Sur ce chromatogramme de Chromatographie sur Couche Mince, on observe bien les taches des différentes espèces chimiques : le 1 est formé d'une espèce chimique différente des 2 et 3, qui ont la même espèce chimique (même hauteur et même couleur également)

 

 

Mais la Police Scientifique n'utilise plus cette technique. Avec les progrès de la technologie, les chromatographies utilisées sont celles en phase gazeuse et celles en phase liquide à haute performance.

 

chromatogramme-cg.png

 

 

Pour la chromatographie en phase gazeuse (abrégée CG), la technique est la même : la séparation de différentes espèces chimiques d'une substance mais la différence, ici, est que la substance est un gaz ou un liquide volatil. Le but est d'analyser le déplacement de la colonne, dans laquelle les substances sont maintenues en phase gazeuse grâce à un four, des substances qui se déplaceront plus ou moins vite en fonction de leurs affinités avec la phase stationnaire (solide qui est au début de la réaction chimique). La locomotion des molécules est due à un gaz vecteur, qui doit être inerte et pur pour ne pas agir sur le résultat final. C'est un détecteur qui va analyser les molécules différentes grâce à différentes méthodes (par manque d'information, nous ne pouvons pas développer la nature de détecteur).

 

 

  Ceci est le chromatogramme d'une CG. On observe des pics à un certain instant T et une abondance des epsèces chimiques d'une certaine grandeur : ces deux facteurs vont donc indiquer quelles molécules sont présentes dans la substance.

 

 

 

 

 

Pour la chromatographie en phase liquide à haute performance, le principe est quelque peu différent : la substance analysée est poussée par un liquide à une très haute vitesse dans une colonne, similaire à celle d'une chromatographie en phase gazeuse, et elle est analysée à l'arrivée des molécules plus ou moins rapide en fonction également de leurs affinités avec la phase stationnaire, qui est un solide.

chromatogramme-clap.png



L'appellation réside dans la rapidité et la résolution améliorée, qui est aussi la différence avec la chromatographie en phase liquide. La rapidité est due à la pression élevée et la précision est augmentée grâce à la phase stationnaire qui est de fine granulométrie, ce qui augmente la surface d'échange.



On observe que les pics présentant les molécules sont extrêmement rapprochés, contrairement à un chromatogramme de CG : c'est une des caractéristiques de la chromatographie en phase liquide à haute performance.


Il y a également la spectrométrie de masse, comme technique d'analyse. Le principe de cette analyse est de séparer et identifier des molécules sur le rapport de leur masse et de leur structure chimique : c'est à dire sur le rapport masse/charge (m/z). L'avantage de la spectrométrie de masse est ses applications très variables : presque n'importe quelle nature de molécule aussi bien liquide que solide ou même gazeuse peut être analyser avec une spectométrie de masse. Le but est d'ioniser les espèces chimiques avec une source d'ionisation, pour rendre l'atome électriquement chargé positivement ou négativement. La principale différence des différents spectromètres est la source de l'ionisation, dont on en dénombre 7. Le source d'ionisation utilisée dans la PST est la MALDI, signifiant Désorption – Ionisation Laser Assistée par Matrice.
schema-maldi.png Cette méthode est dite « douce » : elle est extrêmement utilisé puisque par sa douceur, elle permet l'analyse de molécules qui peuvent devenir fragiles sous d'autres sources d'ionisation : comme les biomolécules (tout ce qui est sucres ou protéines, etc …). Comme nous pouvons le voir, sur ce schéma, la source d'ionisation est un laser qui va fournir une énergie suffisante aux molécules pour se transformer en ions.
Ce qui est différent, dans cette méthode, c'est la matrice qui garantit la douceur du procédé. En effet, la matrice est formée de molécules pouvant être assez grandes sans avoir une masse molaire trop élevée, il faut ajouter que la matrice doit être très sensible aux IR, pour garantir une désorption au laser maximale. La matrice doit également avoir une composition acide, afin de favoriser l'ionisation en pouvant céder des charges positives. spectre-ms.png
    C – Les analyses et micro – analyses élémentaires
On se sert de la fluorescence X, également appelé spectrométrie de fluorescence X qui, comme son nom l'indique est une étude du spectre des rayons X des matières. Et comme chaque spectre est différent , le spectre des rayons X d'une matière est caractéristique à cette matière, c'est comme cela que nous pouvons définir quelle molécule est cette matière.
Le principe est un mélange du principe de spectroscopie et de la spectrométrie de masse. Les molécules analysées subissent également une ionisation, à l'instar de la spectrométrie de masse. Cependant ici, la source de l'ionisation est le rayon X. Lors d'une ionisation, l'atome reçoit une quantité d'énergie qui est « aspiré » en partie par cet atome ; ou l'atome, lui même, « dégage » de l'énergie : de ce fait, l'atome, dans les deux cas, va changer de niveaux d'énergie ce qui va entrainer soit une absorption soit une émission. Ces absorptions ou ces émissions composent le spectre de la matière : c'est ceci qui va être analysé.
niveaux-d-energie-fluorescence-x.png
  Sur cette image, on observe bien le fait que l'atome monte de niveaux d'énergie (par la flèche bleue). L'autre flèche verte symbolise l'énergie absorbée par l'atome pour monter aux niveaux d'énergie supérieurs : il y a absorption (une raie noire sur un spectre) d'une quantité d'énergie (h.v). Le schéma de gauche représente un atome qui descend de niveaux d'énergie, passant d'un niveau d'énergie supérieur à un niveau inférieur et pour ce fait, l'atome fait une émission de photons, donc de lumière : il y a émission (une raie de couleur sur un spectre) d'une quantité d'énergie (h.v'). spectre-fluo-x.png
 
Il existe plusieurs manières d'analyser le spectre :

  • WDS, analyse dispersive des longueurs d'ondes. On fait une étude d'une longueur d'onde en fonction des photons X de la longueur d'ondes en question.


  • EDS, analyse dispersive en énergie. On fait une analyse des photons X de chaque longueur d'onde et un détecteur convertira les photons en charge électrique.
     D – Les analyses des solides
Il existe deux techniques d'analyses des solides : une pour les solides cristallisés et une pour les solides organiques. Pour les solides cristallisés, on utilise la diffraction X et pour les solides organiques, on utilise la pyrolyse.
La diffraction consiste à projeter une lumière incidente, en locurence des rayons X, sur un solide cristallisé, sous forme de poudre ou sous forme de fine lamelle. Tout ceci se déroule dans un univers clos et tournant : les rayons sont projetés sur tous les angles du solide, de ce fait, on le fait tourner. L'analyse de diffraction des ondes rayons X sur le solide le caractérise.
La pyrolyse consiste à faire émaner d'un solide organique des espèces chimiques qu'il ne le consiste pas, sous l'effet de la chaleur. C'est une sorte de combustion, mais cependant cette thermolyse (décomposition chimique par la chaleur) se déroule dans une atmosphère pauvre en oxygène, ou avec un taux nul d'oxygène afin d'éviter l'oxydation ou une réelle combustion du solide. A la suite de cette décomposition, on obtient, en fonction du solide, un solide carboné, une huile ou un gaz. C'est ensuite, si l'on obtient un solide carboné que l'on réalise une spectrométrie de masse afin de le caractériser et de trouver quel était le solide d'origine ; si l'on obtient une huile, on peut réaliser une chromatographie en phase liquide à haute performance ou une spectrométrie de masse et si l'on obtient un gaz, on peut également réaliser une spectrométrie de masse même si la chromatographie en phase gazeuse est préférable.

 
 

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Date de dernière mise à jour : mercredi 07 Mars 2012

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